La science nous donne-t-elle à voir le monde ?

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Toute pratique humaine peut se définir comme étant un certain rapport au monde. Cependant, on a coutume de se figurer la pratique scientifique comme étant une démarche abstraite, c'est-à-dire détachée du commerce immédiat avec le monde, commerce immédiat que la perception est censée nous offrir en de multiples circonstances subjectives.
Cela veut-il dire que la prétention à une connaissance objective implique un détachement, voire une rupture, à l'égard de ce monde immédiat ? Ou bien cette évidence du monde, cette évidence d'une donation du monde n'est-elle pas justement ce qu'il s'agit d'interroger ? Car si la science est réellement une pratique qui a pour objet la vérité, une attention particulière aux modalités de cette pratique devrait nous instruire quant à la pertinence de l'idée d'une donation du monde.
Notre exposé consistera donc, à travers le recours à l'histoire des sciences, en une analyse des diverses implications d'une telle idée.


I La science moderne ( d'inspiration galiléenne ) : constitution d'une Nature aux dépends du monde.
a) L'unité du monde ou le cosmos.
b) La disparition du cosmos.

II La perception est-elle une science ?
a) La perception et l'être-au-monde.
b) Le dévoilement du monde.

III Critique de la phénoménologie : il n'y a pas de représentation " authentique " du monde.
a) Récit du monde et discours sur le monde.
b) Il y a toujours un " engagement " dans une certaine représentation du monde.


Nous pouvons conclure que la science ou plutôt le discours scientifique en général ne saurait prétendre à une quelconque donation du monde. L'analyse de l'histoire des sciences et des différentes révolutions qui se produisent dans le champ scientifique nous montre au contraire que l'idée d'un monde en soi, d'un monde authentique qui se donnerait à voir est erronée. Non seulement parce que la science n'est pas une pratique de révélation ( une telle thématique appartient plutôt au domaine religieux ou mystique ), mais encore, et plus profondément, parce que toute activité humaine est engagée dans une représentation du monde, et qu'il n'y a aucun monde authentique susceptible de se livrer au travers de cette représentation du monde. Si bien que ce qui est donné comme corollaire de la science, mais aussi de toute pratique humaine, ce n'est jamais un monde, mais un ensemble de représentations qui a une valeur historique ( c'est-à-dire : n'est jamais définitif ).

 

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